ORCHIDACEAE Juss.

Famille de l’orchidée

dans Angiospermes monocotylédones (Liliopsida) et dans l'ordre des Asparagales Link.

~788 genres, >20000 espèces, distribution cosmopolite

Herbes terrestres de milieux humides à secs, géophytes ou hémi-cryptophytes à rhizomes, cormes, ou structure mixte « root-stem tuberoids », ou lianes (vanilles), ou épiphytes (habitat majoritaire) ou saxicoles, une espèce est souterraine (rare Rhizanthella gardneri australienne), et racines à vélamen (chez la majorité) ; plantes ordinairement chlorophylliennes, parfois achlorophylles (les plantes sont mycohétérotrophes et parasitent un champignon mycorhizien) ; parfois aphyllie avec photosynthèse assurée par tiges et racines ; espèces épiphytes tropicales pouvant développer des pseudobulbes (succulence caulinaire) pour survivre à la saison sèche.

Caractères floraux diagnostiques

1 à 3 étamines soudées au style (gynostème) ; fleurs ordinairement résupinées, sessiles ou pédonculées (souvent un petit pédicelle), ordinairement bisexuées (parfois unisexuées, plantes dioïques rarement monoïques), tétracycliques, trimères et zygomorphes (mono-symétriques, à symétrie bilatérale), à pièces périanthaires libres ou soudées, pétale dorsal transformé en labelle et parfois éperon ; pour l’androcée, voir la clé des sous-familles ci-dessous ; ovaire infère à placentation pariétale (rarement axile) ; grains de pollen agrégés en pollinies ; double fécondation non effective donnant une graine sans albumen (réserves) dont la germination est tributaire d’un champignon (généralement genre Rhizoctonia) ; capsule à déhiscence paraplacentaire (fausse gousse des vanilles) ; pollinisation entomophile très spécialisée, stratégie tricheuse fréquente (les insectes sont attirés mais leur visite n’est pas récompensée par du nectar ou de la nourriture).

Note. Dans le genre méditerranéen Ophrys, le labelle mime l’abdomen de femelles d’espèces hymenoptères, les mâles assurent la pollinisation en essayant de copuler avec la plante (stratégies convergentes chez de nombreux genres australiens). D’autres genres (Cephalanthera) miment d’autres plantes (ici campanules) pour attirer leurs pollinisateurs.

-       2 à 3 étamines fertiles partiellement soudées au gynécée à la base groupe des Apostasioideae (ex-Apostasiaceae) - non présent en France.

-       2 étamines fertiles incluses dans le gynostème groupe des sabots de Vénus (Cypripedioideae, ex-Cypripediaceae) - 1 espèce en France.

-       1 unique étamine fertile incluse dans le gynostème groupes des Orchidoideae, Vanilloideae et Epidendroideae (Orchidaceae sensu stricto)

Peuvent être confondues avec Polygalaceae (2 cotylédons, fleurs pentamères, pas de gynostème) et autres Asparagales zygomorphes et les Zingiberales, mais le caractère du gynostème (absent chez les autres familles) est univoque et discriminant.


Formule florale   ↓ S3 P2:1 [A(1-3) Ğ(3)] + parfois éperon, les pièces périanthaires peuvent être partiellement ou complètement soudées (sauf le labelle)

Espèces ou genres représentatifs

Orchis, Ophrys, Dactylorhiza, Anacamptis, Gymnadenia, Neottia, Cephalanthera, Platanthera, sabots de Vénus (Cypripedium, Paphiopedilum, Phragmipedium), Cattleya, Laelia, Phalaenopsis, Oncidium, Dendrobium, Bulbophyllum, Angraecum, Vanda, Phalaenopsis, Cymbidium, Epidendrum, vanilles (Vanilla)

Usages

Ornementaux, culinaires et cosmétiques (vanilles)

Fleur des orchidées

Gauche. Diagramme floral théorique d'une orchidée, le labelle est théoriquement en position dorsale, il devient ventral quand la fleur résupine de 180°, ce qui met également l'étamine en position dorsale face au labelle ; Droite haut. fleurs d'Angraecum eburneum, ici la fleur est doublement résupinée (360°) et le labelle est dirigé vers le haut ; Droite bas. fleur de Phalaenopsis stuartiana. L = labelle, S = sépale, Pl = pétale latéral, B = bractée, O = ovaire, A = androcée (ici soudé au style = gynostème), Ep = éperon, Gs = gynostème, Hyp = hypochile, Epi = épichile (hypochile et épichile forment le labelle).